lundi 24 juin 2013




L’aventure   poétique
 de la littérature arabe*
 

Entretien :

  André Miquel - Badr-Eddine Arodaky


 

André Miquel est aujourd’hui l’un des plus grands connaisseurs de la culture arabe en France. Professeur au Collège de France, auteur de nombreux ouvrages consacrés à la culture arabo-islamique dont sa monumentale Géographie humaine du monde musulman (éditions Mouton-De Gruyter) et l’Islam et sa civilisation, (éditions A. Colin), il est aussi traducteur de grands textes arabes classiques et contemporains et auteur de plusieurs romans dont le dernier, Laylâ ma raison, est paru aux éditions du Seuil. Au cours de cet entretien, il évoque les questions relatives à la littérature arabe contemporaine.

 

Badr-Eddine Arodaky : Il y a vingt-cinq an[1], il n’était pas admis dans les universités françaises qu’un étudiant écrive une thèse dont le sujet portait sur une œuvre arabe moderne. Depuis, les choses ont bien changé. Serait-ce une reconnaissance « officielle » de la valeur de cette littérature dite moderne ou contemporaine ?

André Miquel : Une reconnaissance, oui sans aucun doute ; mais je crois qu’en fait le problème est plus général. Dans ma jeunesse, quand j’étais étudiant, il y a déjà quarante ans, il n’était pas admis dans l’université française d’écrire une thèse sur des gens qui n’étaient pas morts. Autrement dit, c’était la mort qui sanctionnait l’accès possible à la littérature. Fort heureusement, depuis, les choses ont changé. On a vu, je crois, du temps de Brassens[2] par exemple, des thèses faites sur Brassens ; il y a eu des thèses sur Sartre au moment où Sartre était vivant. Je crois donc que la question que vous posez doit être englobée dans la réponse d’ensemble. Sans préjudice naturellement de la question, sur laquelle on pourra revenir, de la valeur de la littérature arabe contemporaine.

BEA : Mais cette littérature, comment apparaît-elle à l’universitaire que vous êtes, mais aussi au créateur, c’est-à-dire participant de la créativité sur le plan du roman, ou de la traduction, qui consiste à rendre un texte étranger tout à fait familier dans une autre langue, etc… Vous recréez un texte aussi bien quand vous êtes traducteur qu’universitaire.

AM : Sans doute, mais je suis quand même un peu gêné pour vous répondre, parce que je suis ce qu’on appelle, pour l’arabe ou les autres disciplines, un classicisant. Je m’occupe des époques classiques, et si la littérature arabe contemporaine relève de mon horizon, non pas en tant que spécialiste, mais je dirais de mon horizon en tant que m’intéressant  au monde arabe, elle relève de ma culture générale d’arabisant plus que de ma spécialité. Cela posé, et ces précautions prises, je dirais que mon premier contact avec la littérature arabe contemporaine n’a pas été de l’ordre chronologique. Je n’ai pas commencé à Zaynab[3], par exemple, j’ai attaqué par Naguib Mahfouz que je connais bien maintenant : j’ai lu, je crois, toutes les œuvres qu’il a composées sauf peut-être les deux ou trois dernières. A travers lui et d’autres, la question fondamentale (et presque unique) que je me pose, c’est de savoir ce que cette littérature apporte aux lettres arabes  qui l’ont précédée, dans quelle mesure cette littérature apporte un changement, voire une révolution, ou au contraire s’inscrit dans des normes , dans des codes, dans des habitudes déjà acquis. Il y a, sans aucun doute, des choses tout à fait originales et (ce n’est pas étonnant) d’autant plus originales qu’elles sont plus récentes : je pense par exemple à Emile Habibi bien sûr, à Ghitany, à Tayeb Salih ou Sonallah Ibrahim. Je ne connais pas, j’y insiste, toute la littérature arabe contemporaine. Mais enfin, avec ces quatre noms je crois que nous pourrions déjà engager un débat sur les nouveautés par rapport à la littérature arabe classique.

BEA : Oui ; Je pense que la poésie a réalisé, il y a quarante ans maintenant, une rupture avec la tradition poétique arabe. Entrés dans la littérature arabe moderne depuis le début de ce siècle, prudemment, puis après la Seconde Guerre mondiale, avec force, d’autres genres littéraires comme le roman, la nouvelle, et cette fois-ci conçus à partir de la forme romanesque et de la nouvelle en Occident, telles qu’elles ont été pratiquées au XIXe siècle, réaliseront aussi sur le plan de la forme une autre rupture. Qu’en pensez-vous ?

AM : Pour la poésie je suis d’accord avec vous. Pour nous, au fond, en Occident, le phénomène de renouveau est assez récent ; je parle des lettres françaises, je ne sais pas trop ce qui se passe dans les autres pays ; il commence essentiellement à Baudelaire. C’est avec Baudelaire le premier, et avec ses successeurs, que la poésie, comme les autres formes d’art, s’est posée à elle-même le problème : est-ce qu’au lieu de continuer à dire autrement le message ordinaire, on ne doit pas trouver un autre message ? C’est Gaëtan Picon, je crois, qui le disait dans ces termes : est-ce que l’art ne doit pas être pour lui-même son propre domaine et sa propre fin ? Dans la poésie arabe, je crois que vraiment la révolution est faite et que les poètes arabes contemporains sont en effet les égaux des grands poètes d’aujourd’hui. Entre un René Char par exemple, en France, et un Adonis ou un Hegazi dans le monde arabe, il n’y a pas de différence de statut, dirais-je. Pour le roman, c’est un peu plus compliqué. Il me semble que le problème qui est posé aujourd’hui au roman arabe contemporain, est double : d’abord, je crois que l’aventure poétique se poursuit aujourd’hui dans le monde arabe non seulement à travers la poésie mais aussi à travers le roman. Je m’explique : la poésie, au sens premier du terme, c’est une création. Dans la mesure où c’est une création esthétique, elle est, comme toute création esthétique, un bricolage, au meilleur sens du terme : elle cherche des mots qu’elle assemble, de l’assemblage desquels doit sortir quelque chose de neuf. Elle est donc une recherche, une recherche complète sur le langage, et je crois que beaucoup de romanciers arabes contemporains, sans parler du langage même, conçoivent plus ou moins leurs œuvres comme des œuvres qui peuvent être aussi poétiques. Je prends un exemple : Naguib Mahfouz, pour revenir à lui. Jusqu’à Al-Liss wal Kilab (Le voleur et les chiens), Naguib Mahfouz écrit des romans que je dirais classiques par référence au roman occidental. Avec Al-Liss wal Kilab commence, soit sous forme du roman (je pense par exemple à Sarsarat Fawq al Nil), soit sous la forme de la nouvelle, une autre aventure de Naguib Mahfouz qui vise à créer quelque chose de neuf, non seulement à l’intérieur du roman ou de la nouvelle arabes, mais à l’intérieur du roman et de la nouvelle tout court. C’est un premier point qui me paraît très important pour étudier le roman arabe aujourd’hui.

Quant à la deuxième perspective dans laquelle on doit se placer, je pense à une question que nous posons tous plus ou moins : pourquoi n’y a-t-il pas encore un écrivain arabe qui ait eu le prix Nobel ? Et je dirais par exemple que Nqguib Mahfouz le mérite sans aucun doute. Qu’est-ce peut gêner, cette fois, l’accueil en Occident, du roman arabe contemporain ? Je me demande si la tragédie qui a été longtemps celle du monde arabe, et qui est encore aujourd’hui celle de la Palestine, ne pèse pas d’un poids si fort (mais je le dis avec toute la prudence nécessaire) que finalement cette littérature a peut-être peine à dégager, à travers sa propre expérience, quelque chose que j’appellerais universel, quelque chose qui soit susceptible de toucher l’ensemble du monde à travers une expérience particulière. Je pose le problème, encore une fois je ne le tranche pas ; mais il y a peut-être quelque chose à méditer.

La violence du choc auquel est soumis  le monde arabe depuis des décennies est telle qu’au niveau de l’expression, ce choc envahit la littérature, fait de la bonne littérature, certes, mais empêche cette littérature  d’aller jusqu’au point où elle devient universelle. On peut par exemple confronter ce phénomène à une certaine littérature yougoslave. Je pense à un autre prix Nobel, yougoslave justement, Ivo Andrich, qui a parlé en effet de son pays et des drames vécus par les pays slaves du sud, mais d’une façon telle qu’elle a été, à partir du Nobel, c’est vrai, immédiatement perméable à d’autres consciences que la conscience slave.

BEA : Nous avons parlé de la modernité et de la contemporanéité. Dans le monde arabe vous savez très bien comment le moderne est perçu par rapport à la littérature arabe : lorsqu’on parle de moderne, on se place à peu près à partir de la deuxième moitié du XIXe siècle, et les contemporains occupent les quarante dernières années. Parmi les grandes figures  de ces cent années, si j’ose dire, depuis la renaissance, la Nahda, jusqu’à maintenant, quelles sont les figures les plus marquantes à votre avis ? Dans le genre de l’essai, de l’essai historique, ou bien dans l’art par exemple, du théâtre, du roman ou de la poésie, quelles sont les figures dominantes par la forme d’expression même, ou l’écriture même, qu’ils ont pratiquée ?

AM : Je reviendrai une fois de plus à Mahfouz, non pas par commodité, parce que c’est celui-ci que je connais le mieux, mais parce que je crois qu’historiquement il a joué un peu le même rôle, mutatis mutandis, que Flaubert dans la littérature française. Je m’explique : que Flaubert soit un bon écrivain ou un mauvais écrivain (on en discute) n’a finalement pas d’importance. Flaubert est un homme, dans la littérature occidentale, remarquable parce que c’est avec lui que naît véritablement le roman moderne. De la même façon, je dirais que Mahfouz est important sur deux plans : d’une part parce qu’il a cherché à travers un pays qui est un des pays arabes-clés, l’Egypte, à créer quelque chose de profondément arabe et en prenant les choses dans l’épaisseur d’un peuple. C’est pourquoi, en effet, ses romans, y compris les romans traduits, sont reçus, eux, par le public français. Il y en a peu, mais là au moins l’accueil a été tout à fait favorable. La deuxième chose, peut-être plus importante, c’est que Mahfouz – Il n’a pas été le premier mais je crois tout de même que c’est avec lui que le mouvement a vraiment éclaté – a joué un rôle essentiel dans l’histoire de la langue arabe. Pour la poésie, finalement, les choses étaient plus faciles : elle avait à renouveler ses thèmes et son espace, ses fins, ses finalités. Mais la prose arabe, elle, la prose arabe d’écriture romanesque et d’aujourd’hui, avait à se créer elle-même. Parce que, nous le savons, la littérature arabe classique en prose est une littérature qui enseigne. On ne fait pas d’exercice de style en prose.

Je ne dis pas que les grands écrivains arabes classiques écrivaient mal, je dis qu’ils n’écrivaient pas pour bien écrire, ce qui est tout à fait différent. Ils prenaient la plume parce qu’ils avaient quelque chose à dire. Au contraire, et je crois qu’il faut en revenir à Mahfouz, il y a, au niveau du roman, toute une volonté de créer une langue romanesque, de couler un arabe modernisé, ou peut-être simplifié, sans doute, dans des modes qui jusque-là lui étaient pratiquement inconnus. Même Zaynab ; Zaynab appartient encore à une langue très classicisante, presque archaïsante, si on la juge aujourd’hui avec le recul. Je crois que c’est vraiment Mahfouz qui a fait éclater les cadres de la prose arabe contemporaine. Sans oublier quelque chose de très important : le volume même de sa production, et dans des registres très différents. Le roman social avec la trilogie, le roman déjà un peu, comment dirais-je, distendu, écartelé, avec Al-Liss wal Kilab, et puis les courtes pièces, les nouvelles.

BEA : Et que faites-vous d’une figure comme Taha Hussein, qui était davantage connu en Occident et surtout en France ?

AM : Oui. Il n’est pas question, naturellement, de nier l’importance de Taha Hussein, y compris dans l’avènement d’un nouvel arabe. Mais je crois quand même, au risque de choquer, qu’il y a moins de distance entre la prose arabe classique et Taha Hussein qu’il n’y en a entre la prose de Taha Hussein et celle de Naguib Mahfouz.

BEA : Et comment jugez-vous l’expérience linguistique de Tawfiq Al Hakim à ce propos ?

AM : Vous faites bien d’en parler. Je dirais que de toute son œuvre, s’il n’en fallait sauver qu’une, ce seraient les Yawmiyyât[4] qui sont un chef-d’œuvre, et qui peut-être demanderaient aujourd’hui une traduction nouvelle. Il y a là en effet le même effort sur le langage que chez Mahfouz (mais je parle des Yawmiyyât, je ne parle pas de de l’ensemble de la production de Tawfiq Al Hakim qui est beaucoup plus classique que Mahfouz) avec l’appel au dialectal, au moins dans les dialogues ; et surtout, ce qui fait pour moi le prix de ce roman, c’est l’admirable évocation d’un paysage égyptien qui est fait de terre et d’eau, entre la nuit et le jour, une espèce de paysage ambigu, comme dirait Berque, avec toutes les résonnances et tous les échos que le mot peut susciter.

BEA : Pourrait-on, d’après vous, parler d’une littérature arabe d’expression française ? Lorsqu’on parle maintenant de la littérature maghrébine écrite en français…

AM : Est-ce que Tahar Ben Jalloun fait une littérature française à résonnance arabe ou une littérature arabe écrite en français ? Moi, je crois que c’est de la littérature arabe écrite en français, et de la plus belle. Aucun auteur français n’aurait pu écrire ce qu’a écrit Tahar Ben Jalloun. Moi je l’ai fait avec Laylâ ma raison, mais pourquoi ? Parce que je me suis transplanté dans une littérature que je connais par le texte. Je ne me suis pas, comme Tahar Ben Jalloun, investi dans le monde où est né. Ce n’est pas possible, je suis né en Occident, je suis Français ; il y a des approches, il y a des prises qui m’échapperont toujours. Je ne suis pas né avec l’arabe.

BEA : Par conséquent vous différez complètement de certains de vos collègues qui ont considéré qu’une littérature écrite en français n’est plus arabe même si elle exprime une sensibilité arabe. Je ne veux pas jeter une pierre dans le jardin de Jacques Berque, mais lorsqu’il a fait son Langage arabe du présent, il s’est contenté de parler, d’analyser des textes écrits en arabe, sans faire aucune allusion aux œuvres écrites en français.

AM : C’est vrai, parce qu’on ne pourra pas nier le fait qu’une littérature française, c’est d’abord une littérature qui s’écrit en français, même si ce sont des étrangers qui l’écrivent. Le problème est de savoir les parts respectives de la France et du monde arabe qui composent cette littérature. Incontestablement, il y a une part, la part linguistique, qui revient entièrement à la France, et encore, je n’en sui pas si sûr : est-ce que telle habitude d’écrire, telle redondance par exemple (je ne parle pas de Tahar Ben Jalloun, je parle en général)appartient au français ou à l’arabe ? Le français n’aime pas répéter. Lorsqu’il répète, c’est toujours par intention stylistique, par intention délibérée, alors que l’arabe répète tout à fait naturellement. « Fa Amara An Yadribûhû fa Darabûhû ». Quand je traduis cela, je dis : « Il le fit battre », point. Ou : « Il ordonna qu’on le battît, et on lui obéit ». Je ne répète pas le verbe « daraba ». Pour en revenir de façon plus précise au sujet, il y a la langue entièrement française, et le style qui, dans des proportions majoritaires, appartient certainement au langage français, mais qui, dans des proportions minoritaires, peut relever d’une certaine façon d’écrire en en arabe transposée en français ; et puis il y a l’énorme champ des thèmes dans lequel les proportions sont à débattre.

BEA : Comment expliquez-vous l’inexistence absolue actuellement de la littérature dite érotique dans la littérature arabe contemporaine, alors que les Arabes, dans les temps classiques, ont fait des choses extraordinaires ? Je ne parle pas seulement des Mille et une nuits, mais aussi des Jardins parfumés de Nafsawi. Comment expliquer ce phénomène ? Par les censures ?

AM : Je ne crois pas. Je crois que fondamentalement les hommes parlent de ce dont ils ont envie de parler, de ce qui les occupe. Il y a un slogan célèbre depuis quelques années en Occident : « Faites l’amour, pas la guerre ». Je dirais hélas ! que les Arabes sont trop pris en ce moment avec les conflits qui les agitent. Ils ne sont pas les seuls, parce que les conflits du Golfe ou de la Palestine, je les ressens aussi, peut-être en effet parce que je m’occupe des Arabes et que je les aime bien, et que, par là, ce sont aussi mes conflits. Je crois que c’est parce que le tragique du vécu historique, et d’abord avec ce qu’il implique pour la vie quotidienne, pour le « sentiment tragique de la vie », occupe tant les Arabes en effet que l’expression de l’amour (je ne dis pas l’amour, j’espère que l’amour les occupe quand même !) n’est pas conçue sans doute comme une priorité, compte tenu de l’atmosphère tragique qui continue à être celle de l’histoire vécue par les Arabes ‘aujourd’hui.

BEA : Pourrait-on parler des perspectives des littératures arabes ?

AM : C’est bien difficile pour quelque littérature que ce soit. En fait, ce problème est celui de l’histoire future. Tout peut changer du jour où les armes se tairont sur le Golfe et où les Palestiniens retrouvent enfin un patrie.

BEA : J’ai parlé inconsciemment des littératures arabes contemporaines. Doit-on parler des littératures ou d’une littérature arabe contemporaine ?

AM : Les deux. D’abord il y a une littérature parce qu’il y a une langue qui est commune à toutes ces littératures. Mais on peut épiloguer à perte de vue sur les différences, les « entités » qui, heureusement, existent à l’intérieur du monde arabe. Nous parlions tout à l’heure des Yawmiyyât : ce livre n’aurait pas pu être écrit en-dehors de l’Egypte. Telle ou telle nouvelle de Fouad Takarli, née dans ce fond un peu farouche de l’âme et du paysage irakiens, n’aurait peut-être pas vu le jour dans la douce Tunisie…

 

*Cet entretien a été publié dans le Magazine littéraire, Paris, N° 251 – mars 1988. Ce numéro a été consacré aux « Ecrivains arabes d’aujourd’hui ».




[1] Nous étions en 1988, année de la publication de cet  entretien.
[2] Georges Brassens, né à Sète le 22 octobre 1921 et mort à Saint-Gély-du-Fesc le 29 octobre 1981, est un poète auteur-compositeur-interprète français. Il met en musique et interprète, en s’accompagnant à la guitare, plus d'une centaine de ses poèmes.
[3] Zaynab (1914) de l’égyptien Mohammed Hussein Haykal est généralement considéré comme le premier roman de la littérature arabe.
[4] Les Yawmiyyat de Tawfiq Al Hakim est le célèbre récit  traduit en français sous le titre Un substitut de campagne en Egypte (Editions Plon).

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